Homélie 3eme dimanche de Pâques

Bien aimés frères et sœurs dans le Christ !

Voici 3 dimanches déjà, que la vie a jailli du tombeau et que Christ est ressuscité. Oui, nous célébrons dans la joie, (Malgré le confinement), l’évènement central de notre foi qui est la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ !
Cette nouvelle de la résurrection nous est rappelée par l’apôtre Pierre à travers la première et la deuxième lecture. Saint Pierre en effet, dans ses deux discours, nous fait entrer dans l’intelligence des Ecritures. Il nous initie à l’histoire du salut en nous faisant comprendre que la mort et la résurrection de Jésus-Christ, gage de notre salut, étaient de toute éternité dans le dessein de Dieu. « Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la préscience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir. » La mort en effet ne pouvait retenir dans le tombeau l’auteur de la vie. Et c’est bien ce que nous dit le psalmiste en ce jour : « Mon cœur exulte, mon âme est en fête. Tu ne peux m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption. ». Jésus à cause de sa fidélité et de son obéissance à l’endroit de Dieu son Père, en raison de sa divinité et parce qu’il est l’agneau sans défauts et sans tache n’a pas connu la dégradation du tombeau. C’est en lui que ces paroles du psalmiste trouvent leur accomplissement comme nous le fait comprendre l’apôtre Pierre dans sa prédication.
Ce psaume nous met aux prises avec la vérité de la résurrection, mystère que ne comprennent pas évidemment certains disciples de Jésus. C’est bien le cas des disciples d’Emmaüs, qui noués par le découragement retournent la mort dans l’âme dans leur village. Sur le chemin du retour, ils font route sans le savoir avec le Ressuscité.
Ce récit des disciples d’Emmaüs est une pièce très importante dans l’annonce de la résurrection. C’est une pièce unique dont saint Luc est le seul rapporteur. Cet épisode de la vie du ressuscité est d’une actualité saisissante. Car cette scène dépeint en effet chacune de nos personnes, dans son cheminement avec le Ressuscité ; cheminement marqué par les doutes, les peurs, le découragement. Chacun de nous peut s’identifier aux disciples d’Emmaüs. Tout comme eux, nous sommes marqués par la tristesse, la fatigue et le découragement en ce temps de pandémie. Nous aurions voulu que tout ce mal disparaisse soudainement et nous fasse vraiment croire qu’il est ressuscité.
Les disciples d’Emmaüs n’ont pas vu le Ressuscité. Tout ce qu’ils savent leur a été rapporté par quelques femmes de leur groupe et par ceux qui sont allés faire le constat du tombeau vide. Mais lui, ils ne l’ont pas vu. Le tombeau vide à lui seul ne prouve pas en fait la vérité de la résurrection. Et c’est à cette hypothèse que sont attachés les disciples d’Emmaüs, qui s’inscrivent en quelque sorte dans la logique de Thomas : voir avant de croire. C’est pourquoi, le Ressuscité les rejoint dans leurs doutes et leur réexplique à partir des Ecritures ce qui le concernait.
Aller au contact des Ecritures dissipent nos doutes et nos peurs. Cette démarche a le mérite de nous aider à comprendre le dessein de salut et d’amour de Dieu. Tous nos questionnements sur l’histoire du salut trouvent leur réponse dans les Ecritures. Et c’est bien pourquoi Jésus s’en sert pour éclairer la lanterne de ses disciples déboussolés. Il ne se révèle pas à eux directement. Il le fait progressivement en partant des Ecritures. Et le couronnement de cette révélation a lieu dans la fraction du pain. C’est là qu’ils le reconnaissent. Pour leur montrer qu’il est vivant, Jésus ressuscité apparaît à ses amis. Et le lieu de cette théophanie pour nous hommes de ce temps, c’est le sacrement de l’eucharistie, signe de la présence permanente et perpétuelle de Jésus ressuscité. Au cœur de nos doutes, en ce temps où sévit cette pandémie qui nous pousse au découragement et à l’angoisse, sachons-nous tourner vers le ressuscité, qui fait route avec nous, sans que nous puissions le reconnaître parfois.
Le récit des disciples d’Emmaüs nous invite à oser la rencontre, l’expérience personnelle avec le Ressuscité. Sans une rencontre personnelle avec le ressuscité, il est impossible d’être témoin de la résurrection. Les deux disciples d’Emmaüs en dépit de la nuit qui tombait repartent tous joyeux à Jérusalem, partager la joie de cette rencontre aux autres disciples. C’est cela le dynamisme de Pâques. Cette joie d’avoir vu le ressuscité pousse à l’annonce, et stimule dans le témoignage de vie. Notre monde présent en proie à cette crise sanitaire a davantage besoin des témoins du Ressuscité pour semer les valeurs de l’amour et de l’espérance.

P. Cyrille Muriel